Jeudi 25 octobre
Pretoria & Johannesburg

Aujourd'hui, notre groupe se sépare. Les uns vont visiter Pretoria et Johannesburg, les autres vont prendre l'avion pour la Zambie. Après que les seconds aient embarqué dans un minibus pour l'aéroport, les premiers reprennent le bus en direction de Pretoria.

Après avoir traversé les embouteillages de Pretoria, nous commençons la visite par le Voortrekker Monument.

Il rend hommage aux pionniers afrikaners qui quittèrent la colonie du Cap dans les années 1830 pour échapper à la domination britannique. Entrepris en 1938, pour le centenaire de la bataille de la Blood River, le monument abrite dans le Hall of Heroes un cénotaphe qu'un rayon de soleil éclaire à midi le 16 décembre, date de la bataille.

Pour affirmer plus encore leur paradoxale africanité, les Afrikaners ont érigé entre 1937 et 1949 un monstre de granit sur le modèle des murailles du Grand Zimbabwe. Sur les quatre faces du cube, une frise en forme de laager de 54 chariots : les Afrikaners font de la résistance. Avec ses 92 m de long sur 2,3 m de hauteur, ce bas-relief serait la plus grande frise de marbre du monde. Toute l'histoire du grand Trek défile, avec, bien sûr, l'épisode célèbre de la Blood River, une bataille qui vit 530 Boers l'emporter sur plus de 12 000 Zoulous. On peut monter jusqu'au balcon, d'où l'on aura une vue panoramique sur Pretoria. Dans la crypte, il faudra se pencher sur un cénotaphe en granit contenant symboliquement les restes des héros du grand Trek et portant l'inscription : « Ons vir jou, Suid-Afrika » (Nous tous pour toi, Afrique du Sud). Chaque année, le 16 décembre à midi —jour de la bataille de Blood River—, les lettres sur la pierre s'éclairent d'un rayon de soleil. Au sein de la crypte, une torche désignée comme le symbole de la « lumière de la civilisation » brûle depuis 1938.

voortrekker monument

voortrekker monument
Le jardin entourant le monument, avec ses chariots à la mémoire des pionniers

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La salle du rez-de-chaussée, avec ses frises

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La crypte vue du rez-de-chaussée

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et vue du sommet de la coupole

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Le bas-relief qui relate l'histoire des pionniers
voortrekker monument

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La crypte comporte un musée présentant des scènes de vie des pionniers

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La maison de Paul Kruger

maison paul kruger

Cette maison fut la résidence de Paul Kruger, président de l'ancienne République d'Afrique du Sud (ZAR) — Il vécut là avec sa famille pendant les 16 dernières années du XIXe siècle. Le musée témoigne de la forte personnalité de Paul Kruger dans son combat contre l'impérialisme Britannique à la tête de la petite république Boer.
Le musée comprend la maison d'origine, deux halls d'exposition et le wagon officiel du président. Toutefois l'intérieur actuel de la maison n'est pas la réplique authentique de celui de l'époque de Kruger. La propriété a été achetée par le gouvernement gud-africain en 1925 et des meubles originaux ont été retrouvés et complétés par d'autres de la même époque. L'ouverture de ce musée remonte à 1934 et il est classé monument national depuis 1936.

S.J.P. Kruger naquit dans la province du Cap le 10 octobre 1821 et fut baptisé dans la paroisse hollandaise réformée de Cradock. En 1836 sa famille se rallia au chef Voortrekker Andries Potgieter et s'installa dans le Transvaal occidental où Paul se vit attribuer la ferme « Waterkloof » près de Rustenburg. Il épousa Maria du Plessis en 1842 et après la mort de celle-ci, quelques années plus tard, il épousa sa cousine Gezina et lui donna seize enfants (sept filles et neuf garçons) dont certains moururent en bas âge. A partir de 1845 il s'impliqua de plus en plus dans la vie politique de l'État Voortrekker situé au Nord de la rivière Vaal. Lors de l'annexion de cette petite république par les Anglais en 1877, Paul Kruger joua un rôle prépondérant dans la guerre du Transvaal contre la Grande Bretagne (1881-1882).
C'est à l'âge de 57 ans qu'il fut élu président de la ZAR et qu'il s'installa dans cette maison à Pretoria. La ruerre anglo-boer éclata en 1899 et avec l'avance des troupes britanniques sur la capitale de la ZAR, en mai 1900, Kruger dut quitter Pretoria — la maladie de son épouse la contraignit à rester dans leur demeure où elle devait mourir le 20 juillet 1901. Tous sont enterrés dans le "Coin des Héros" dans le vieux cimetière de Church Street.
(Plaquette du musée)

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La Gereformeerde Kerk (Paul Kruger Church), en face de la maison de Paul Kruger

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La salle de réception du président

C'est dans cette pièce que le président recevait ses nombreux visiteurs, parmi lesquels Cecil John Rhodes et Barney Barnato. Chaque matin l'orgue résonnait pendant la prière familiale à laquelle chacun se devait d'assister. Mêmes les gardes de service devant la maison devaient se tenir debout sous la véranda.

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Le Bureau et la Bibliothèque
À l'origine elle était pleine d'étagères remplies de livres et on y trouvait une carte de l'Afrique et un bureau. Le président s'y retirait habituellement pour méditer. Cette maison fut l'une des premières à avoir le téléphone, installé en 1891.

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La chambre à coucher principale
La grande armoire d'acajou et le coffre-fort sont d'origine. Mme Kruger ne quittait jamais sa chambre avant d'être habillée.

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L'office et la cuisine
Les ustensiles tels que le hachoir, l'éplucheur à pommes sont d'époque.
Mme Kruger supervisa la cuisine et participa à l'entretien de la maison jusqu'à la fin de sa vie.

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Un carrosse d'époque

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Un chariot de pionnier de la même époque

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Le wagon officiel du président

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L'intérieur du wagon : le salon

En mars [1900], il [le dirigeant de l'armée britannique Lord Kitchener] adopta une stratégie de la terre brûlée et se mit à vider les campagnes de tout ce qui pouvait être utile aux guérillas boers. Cette stratégie mena à la destruction d'environ 30 000 fermes et une quarantaine de petites villes. En tout, 116 572 Boers furent envoyés dans des camps de concentration, soit à peu près un quart de la population, auxquels s'ajoutaient encore quelque 120 000 Africains noirs. Il y eut au total 45 camps de tentes construits pour enfermer ces civils ainsi que 64 autres pour les noirs (garçons de ferme, bergers, etc.) qui avaient vécu auprès des Boers. Les camps de Boers abritaient essentiellement des personnes âgées, des femmes et des enfants pour un total d'environ 120 000 personnes. 25 630 d'entre eux furent déportés à l'étranger. Lizzie van Zyl, enfant boer internée, est morte dans le camp de concentration de Bloemfontein. Les conditions de vie dans ces camps étaient particulièrement insalubres et les rations alimentaires réduites. Combinée avec des manques en matériel et fournitures médicales, la situation provoqua de nombreux décès — un rapport postérieur à la guerre estima à 27 927 le nombre de Boers morts (desquels 22 074 enfants de moins de 16 ans) et 14 154 noirs, morts de famine, de maladies et d'exposition au soleil. En tout, environ 25 % des Boers et 12 % des noirs moururent (des recherches récentes suggèrent une sous-estimation des pertes africaines, qui se monteraient en fait à environ 20 000 victimes). - Source : Wikipedia
Il semblerait qu'en France on ait été au courant de ce problème, mais que cela n'ait eu aucune incidence sur la vie des internés. Cependant, un document dans le musée atteste que des soldats français mercenaires ont combattu aux côtés des Boers.

Les Union Buildings

En acceptant ce travail en 1910, Herbert Baker sait qu'il doit offrir à la nouvelle Union sud-africaine un siège de gouvernement digne de son rayonnement. La ville, sous dominion britannique, reste la capitale des Afrikaners. Baker dessine donc un édifice composé de deux ailes, chacune représentant les deux langues que sont l'anglais et l'afrikaans. L'Acropole d'Athènes l'aurait inspiré. C'est toujours le plus grand et le plus impressionnant siège gouvernemental du continent. C'est ici, que le 10 mai 1994, Nelson Mandela, élu président de la République, s'est adressé à l'assemblée des 45 chefs d'États et à une foule de 100 000 Sud-Africains : « Jamais, jamais, plus jamais cette terre ne devra connaître l'oppression... Que la liberté règne... Que Dieu bénisse l'Afrique. »

Le Parlement national siège dans ce bâtiment édifié par sir Herbert Baker pour accueillir les services administratifs de l'Union sud-africaine instaurée en 1910. Sur une colline choisie par l'architecte, et reliées par une colonnade néoclassique, deux ailes marquées d'influences Cape Dutch et italienne dominent un parc paysagé et un imposant amphithéâtre. Pour des raisons de sécurité, le public ne peut pas pénétrer dans les Union Buildings, mais seulement les contempler depuis les jardins.

union building Johannesburg

union building Johannesburg
L'aile gauche

union building Johannesburg
L'aile droite

union building Johannesburg
Vue d'ensemble

Après avoir vu les Union Buildings et les magnifiques jardins qui leur font face, nous reprenons le bus qui nous fait parcourir les grandes avenues de Pretoria. Puis nous nous dirigeons vers Johannesburg.

Johannesburg - Le musée de l'Apartheid

Nous nous arrêtons sur le parking du musée de l'Apartheid et nous déjeunons dans le restaurant du musée. Puis nous allons visiter le musée.

L'utilisation des appareils photo est strictement interdite dans le musée. De toute façon, les expositions et documents sonores n'auraient pas pu être rendus en images. Il n'y a donc pas de photos, si ce n'est les trois suivantes, issues du dépliant publicitaire remis à l'entrée du musée.

johannesburg - musée de l'apartheit

johannesburg - musée de l'apartheit
Un véhicule du type de ceux utilisés pour combattre les émeutes noires anti-apartheid

johannesburg - musée de l'apartheit
Un cachot comme celui dans lequel Nelson Mandela a passé de longs moments
Pas de lumière, pas de meuble, pas de toilettes, personne à qui parler


Voilà, le voyage est terminé pour nous. Le bus nous emmène à l'aéroport où nous prenons l'avion pour Paris.

L'autre partie du groupe nous enverra peut-être des photos et un récit de son périple aux chutes du Zambèze, qui permettront de rajouter une page à ce récit.

À bientôt pour un nouveau voyage promo.

 

Les textes en bleu italique sont extraits des ouvrages cités dans la première page du voyage
Les textes en vert italique sont extraits de sources diverses